L’art, un héritage universel- le souhait de l’artiste américain Seward Johnson

Lors d’un dîner à New York, j’ai rencontré l’artiste américain John Seward Johnson II dit Seward Johnson, sans le savoir je connaissais déjà plusieurs de ses oeuvres. On dit d’ailleurs qu’il est l’artiste américain, le plus connu et le moins connu…

Effectivement, ses oeuvres monumentales en bronze sont exposées dans les lieux publics de nombreux Etats américains et ont été exposées aussi dans le monde entier. En 2014 et l’an dernier, certaines ont été exposées en France, à Caen et à Paris.

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J’ai été fascinée par sa gentillesse et sa simplicité, son désir de partager son oeuvre avec le plus grand nombre et en l’occurence avec moi, ce soir-là et par la suite… Il m’a expliqué que son rêve était de rendre l’art accessible à tous. L’art a transformé sa vie et peut transformer la vie de chacun d’entre nous.

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J’ai senti la souffrance de l’artiste parfois incompris dans sa démarche mais aussi finalement le prix qu’il a dû payer parfois en étant le « fils de »… Les critiques d’art ont souvent été acerbes. Si les succès ont été maintes fois au rendez-vous durant sa vie bien remplie, il souhaite laisser un héritage pour les spectateurs du futur, titre de l’un de ses livres « Living for legacy ». Il a d’ailleurs acheté en 1992 un très vaste terrain où il expose ses oeuvres et celles d’autres artistes dans son « Grounds for sculptures ». Deux fondations dans le New Jersey et à Santa Monica font également un travail formidable pour faire connaître son oeuvre dans le monde.

Son destin semblait tout tracé, son père était le fondateur de la multinationale médicale et pharmaceutique, Johnson & Johnson. Son service militaire pendant la guerre de Corée l’a marqué. Sans doute qu’ensuite, il n’a plus jamais vu la vie de la même manière. L’urgence de vivre et de s’accomplir avaient pris le dessus. La volonté de laisser sa trace, son empreinte, d’être témoin d’une période et de l’interpréter avec l’utilisation de logiciels afin de rendre des personnages visibles en 3D, de pouvoir les toucher, de pouvoir s’asseoir avec eux pour un déjeuner sur l’herbe et surtout de pouvoir permettre aux autres de le faire afin de partager l’art…

Il commença à réaliser des statues de taille modeste en bronze. Il se fit remarquer et remporta un prix pour son oeuvre « Stainless girl » à l’entrée du Parc Grounds for Sculpture, symbole du début de sa vie d’artiste. Ensuite, il créa sa propre fonderie pour réaliser des sculptures monumentales, de 8 mètres jusqu’à 21 mètres, représentant des personnages de la période impressionniste qui le fascine mais aussi des icônes telles que Marilyn Monroe. Il décide donc de faire sortir les personnages des toiles ou des photographies pour les réaliser en 3D. Son travail a fait l’objet de nombreuses controverses sur l’originalité des oeuvres et sur la valeur artistique intrinsèque de telles productions du fait notamment de l’utilisation de la technologie. Ces critiques semblent absurdes aujourd’hui, selon moi, lorsque l’on observe l’utilisation de toutes les technologies par les artistes, et ce n’est que le début…

Certaines oeuvres ont fait l’objet de procès notamment l’oeuvre « Unconditionnal surrender », symbole de la fin de la guerre qui veut dire beaucoup pour Seward. Elle a été photographiée en février 2014 devant le Mémorial de Caen. Je suis à droite sur la photographie près du pied de l’infirmière. Pour vous donner une échelle, je dois mesurer la taille de deux souliers de l’infirmière, soit 1m70!

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Sans détailler ces procès, ce qui serait trop long pour ce blog, je citerai les arguments  repris sur Wikipédia: « Unconditional » aussi intitulée « Unconditional surrender », que l’on peut traduire par « réddition inconditionnelle », évoque deux photographies célèbres de la même scène, V-J Day in Times Square , du photographe Alfred Eisenstaedt, qui a fait la couverture de Life Magazine en 1945, et Kissing the War Goodbye, de Victor Jorgensen. « L’œuvre provoqua une polémique sur les droits d’auteur. Seward Johnson dit s’être inspiré de la photographie de Jorgensen, libre de droits, mais la reproduction des membres inférieurs et des souliers, non visibles sur la photographie de Jorgensen, est identique à ce qu’on voit sur la photographie d’Eisenstaedt, dont les droits d’utilisation sont protégés ».

L’oeuvre est restée un an devant le Mémorial de Caen. J’ai pu constater que les visiteurs étaient très curieux et intéressés par le travail de l’artiste, original et puissant. Encore une fois, l’oeuvre intitulée « le baiser géant » dans la presse a fait polémique mais cette fois pour une autre raison que celle de l’atteinte aux droits d’auteur. L’association Osez le féminisme a dénoncé une « agression sexuelle comme un symbole de la libération ». Une pétition a circulé pour le retrait de la sculpture qui est restée pour le plus grand plaisir des visiteurs du Mémorial de Caen. Deux plaques ont été apposées devant l’oeuvre pour expliquer les arguments de l’artiste et ceux de l’association. Un compromis a ainsi été trouvé, ce dont j’ai pu me réjouir!

En 2015, le Parc Monceau, dans le 8ème à Paris, a accueilli trois oeuvres durant deux mois. Elles poursuivent actuellement leurs voyages à travers le monde en retournant de temps en temps aux Etats-Unis, leur terre de naissance.

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Peut-être que cet article vous donnera l’envie de les suivre à travers le monde. Seward Johnson aura ainsi atteint son objectif, celui de rendre son art universel et peut-être, immortel…

Sources:

Site officiel:

http://sewardjohnsonatelier.org

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